Pour les juges, DSK savait que des prostituées participaient aux soirées

Theo các thẩm phán, D Strauss Kahn có biết là các cô gái bán dâm có thí dụ  savait buổi dạ hội

Le Monde.fr | 27.03.2012 à 11h16 • Mis à jour le 27.03.2012 à 11h21

Par Emeline Cazi et Ariane Chemin

Dominique Strauss-Kahn, le 9 mars 2012, à Cambridge. Dominique Strauss-Kahn, le 9 mars 2012, à Cambridge. | AFP/CARL COURT

Il était le favori (nhân vật được ưa chuộng) des sondages (qua kết quả thăm dò), celui sur lequel la gauche misait (dựa vào để, count on) pour battre Nicolas Sarkozy en mai 2012. Après avoir été entendu près de huit heures par les juges, Dominique Strauss-Kahn a été mis en examen, lundi 26 mars, pour “proxénétisme (môi giới gái điếm)  aggravé en bande organisée (theo băng nhóm có tổ chức)” en marge de (bên lề) l’affaire du Carlton de Lille.

Il ne s’agit plus de la simple “complicité de proxénétisme” pour laquelle il avait été convoqué (bị triệu tập) après son audition par les policiers, le 22 février. Selon l’article 225-5 du code pénal, l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) aurait “aidé, assisté ou protégé la prostitution d’autrui”. Et ce, comme auteur principal.

Sous la Ve République, jamais (ancien) ministre n’a été poursuivi pour de tels faits. Placé sous contrôle judiciaire, M. Strauss-Kahn a dû verser une caution de 100000 euros pour rester libre. Il lui est en outre interdit d’entrer en contact avec les huit personnes mises en examen dans ce dossier de proxénétisme hôtelier (dont un commissaire de police et un avocat du barreau), avec les parties civiles, les témoins du dossier. Mais aussi d’évoquer l’affaire avec des journalistes.

En convoquant l’ancien patron du FMI, lundi 26 mars, et non mercredi 28, comme initialement prévu, les trois juges chargés du dossier, Stéphanie Ausbart, Mathieu Vignau et Ida Chafaï, ont pris tout le monde de court, la presse comme le parquet. Est-ce pour des raisons d’agenda – Me Henri Leclerc, l’un des conseils de DSK, sera mercredi à Ajaccio devant les assises de la Corse-du-Sud pour défendre un jeune homme accusé d’homicide? Ou simplement parce qu’il fallait éviter que caméras et photographes ne traquent l’homme politique dès l’aube?

“La justice a besoin de sérénité pour travailler”, a commenté Eric Négro, président du tribunal de grande instance de Lille. “Dans tous les cas, c’est du jamais vu”, note un observateur, étonné que le parquet n’ait pas été prévenu de ce changement de convocation.

DES FILLES PAYÉES, OU DE SIMPLES “LIBERTINES”?

Interrogé durant huit heures sur sa participation à des soirées échangistes, mais surtout sur la manière dont elles étaient organisées et sur l’identité de leurs participants – des filles payées, ou de simples “libertines”? -, l’ex présidentiable a nié “avec la plus grande fermeté être coupable” de proxénétisme, a commenté l’un de ses trois avocats, Me Richard Malka.

Le recel d’abus de bien social, chef de mise en examen sur lequel les juges ont souhaité aussi obtenir des précisions, n’a, lui, pas été retenu. Au cours de leur enquête, les magistrats s’étaient interrogés sur les factures émises, par David Roquet, au nom d’une filiale du groupe de BTP Eiffage, et qui ont notamment financé en partie les trois voyages à Washington avec des jeunes femmes dont certaines étaient des prostituées.

“Je n’ai jamais rien fait d’illégal. La prostitution, le proxénétisme, je les ai en horreur. Ce n’est pas moi cela”, avait plaidé M.Strauss-Kahn devant l’un de ses biographes, Michel Taubmann, dans Affaires DSK, la contre-enquête (Editions du Moment). Et son avocat, Me Henri Leclerc, avait lâché sur l’antenne d’Europe 1, le 8 décembre 2011: “Dans ces soirées, on n’est pas forcément habillé. Et je vous défie de distinguer une prostituée nue d’une femme du monde nue.” Ce n’est pas ce qu’ont confié certain(e)s participant(e)s de ces “parties fines” et qui ont emporté l’avis des juges.

“L’APPARENCE PHYSIQUE DE CERTAINES FILLES TRAHISSAIT LEUR QUALITÉ DE PROFESSIONNELLES

Ainsi David Roquet d’Eiffage. Il a indiqué aux magistrats, le 25 janvier, que “tous ceux qui accompagnaient les filles savaient ce qu’elles faisaient”. Puis l’industriel de Lens Fabrice Paszkowski, le 30 janvier, qui convient que, dans certains cas, “l’apparence physique” de certaines filles trahissait leur qualité de professionnelles: “Estelle et Béa, on voyait tout de suite qu’elles ne faisaient pas partie de notre monde.” Ou encore: “DSK est quelqu’un qui aime le sexe et s’il a fréquenté des clubs échangistes moins huppés que ceux que j’ai vus, il a dû fréquenter ce genre de personnes, je veux parler de Béa.”

Les auditions et la lecture des SMS échangés entre l’ex-patron du FMI et le “G. O.” de ses soirées, Fabrice Paszkowski, ont aussi visiblement convaincu les juges que DSK s’occupait de près de l’organisation des rendez-vous libertins. Ces derniers étaient calqués sur son agenda de grand voyageur international. L’identité des participantes était en général soumise à son approbation.

DSK mis en examen, l’enquête lilloise va suivre son cours et pourrait durer encore quelques mois. Dominique Strauss-Kahn devrait “en toute logique”, selon une source judiciaire, se trouver de nouveau convoqué devant les enquêteurs, mais aussi confronté aux jeunes femmes du dossier.

Déjà ses avocats ont fait savoir qu’ils faisaient appel de cette mise en examen. “Dominique Strauss-Kahn est poursuivi sur le fondement d’une infraction qui n’existe pas, s’est indigné Me Richard Malka, lundi soir, à Lille. Des moyens policiers, judiciaires et financiers colossaux ont été déployés pour décortiquer et disséquer à l’infini sa vie privée à seule fin d’inventer (…) un délit de luxure. Nul ne peut comprendre l’application de la notion de proxénétisme à sa situation, et il est encore plus invraisemblable (…) d’utiliser des notions de bande organisée ou de réseaux pour décrire une simple activité libertine.”

DES MOTIFS “MORALISTES”, SELON LA DÉFENSE

Le conseil de Dominique Strauss-Kahn s’inquiète aussi du “détournement du délit de proxénétisme à des fins moralistes” tout comme de la “définition de ce que devraient être les bonnes mœurs en dehors de tout cadre légal”. La défense de M. Strauss-Kahn estime aussi que son client, “en raison de sa notoriété” est une victime de la campagne présidentielle “jeté au bûcher, et ce, par un étrange hasard du calendrier, à moins d’un mois d’une échéance électorale majeure”.

Dominique Strauss-Kahn a pu rentrer chez lui, dans la nuit, à Paris. La semaine judiciaire de l’ancien patron du FMI ne s’arrête pas là. Ses avocats américains ont rendez-vous mercredi 28 mars devant la cour suprême du Bronx, à New York pour le volet civil de l’affaire Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel.

Devant le juge Douglas McKeon la défense de DSK devrait mettre en avant l’immunité diplomatique de l’ex-patron du FMI pour demander l’abandon des poursuites. Nafissatou Diallo avait porté plainte au civil pour “attaque violente et sadique”. Sur TF1, le 4 septembre, M.Strauss-Kahn avait reconnu avoir eu avec la femme de chambre une relation sexuelle “inappropriée”, mais consentie et “non tarifée”. Et commis, avait-il jugé lui-même, une “faute morale”.

Emeline Cazi et Ariane Chemin

L’affaire du Carlton instruite depuis près d’un an

La mise en examen de Dominique Strauss-Kahn intervient plus d’un an après les premiers développements de l’enquête sur le Carlton.

  • 2 février 2011

Le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre, ouvre une enquête préliminaire sur la base de dénonciations anonymes. Il est question de soupçons de prostitution hôtelière dans des établissements du centre-ville de Lille. Le plus connu d’entre eux, le Carlton, accueille des touristes fortunés, hommes d’affaires et stars du show-biz. Son chargé de clientèle, René Kojfer, 70 ans, fort de son amitié avec Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, un gérant de maisons closes installé en Belgique, proposerait, deux à trois fois par mois, des chambres avec “colis” (des prostituées) à son réseau de connaissances.

  • 28 mars 2011

Le parquet de Lille ouvre une information judiciaire pour “proxénétisme aggravé” et confie l’affaire à deux juges d’instruction, Stéphanie Ausbart et Mathieu Vignau. Les policiers de la police judiciaire de Lille placent des jeunes femmes sur écoute et suivent leurs déplacements.

  • 4 octobre 2011

Les juges procèdent aux premières interpellations. Huit personnes sont mises en examen dont un commissaire de police, Jean-Christophe Lagarde, un avocat du barreau de Lille, Emmanuel Riglaire, et le responsable d’une entreprise d’une filiale du groupe de BTP Eiffage, David Roquet. La plupart le sont pour “proxénétisme aggravé en bande organisée” et “association de malfaiteurs”.

  • 25 octobre 2011

Le procureur général de la cour d’appel de Douai (Nord) adresse une requête en dessaisissement à la Cour de cassation. Elle fait suite à la demande formulée par le procureur de Lille au moment de la mise en examen du commissaire Lagarde, numéro 3 de la police du Nord. “Dans la mesure où des officiers de police judiciaire (…) et un avocat pénaliste qui plaide quotidiennement à Lille sont mis en cause dans ce dossier”, M. Fèvre estime que “l’impartialité de la justice est susceptible d’être mise en cause”. Les avocats du dossier dénoncent une tentative d’étouffement de l’affaire. Le 9 novembre, la Cour rejette la requête.

  • 21 février 2012

Dominique Strauss-Kahn est placé en garde à vue et entendu pendant 32 heures par la police judiciaire de Lille.

  • 26 mars 2012

DSK est entendu par les juges. Convoqué initialement pour “complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée” et “recel d’abus de biens sociaux”, l’ex-patron du FMI est mis en examen pour “proxénétisme aggravé en bande organisée” et placé sous contrôle judiciaire.

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